For Parents (en français)

How to help your children learn languages:
Many of my books include different languages. Even though I was brought up in a single language family, I discovered the pleasure of learning languages when I was a child. I often compare languages to food: each language has a different flavour. And knowing a language is useful and brings pleasure… just like food! Sometimes, when I learn new words in a language, I just turn them in my mouth several times, just like a sweet. Over the years, I have noticed I don’t write the same way in English and French. I wrote “the Greedy Vacuum Cleaner” in French and it was flat, flavourless. It was supposed to be a story with rhythm, noise and action and it just didn’t work. After a critique session with my Hong Kong SCBWI friends, I rewrote it in English. All of sudden, because English uses verbs more intensively than French, and uses shorter sentences, action popped up and “the Greedy Vacuum Cleaner” came to life. On the other hand, I can’t see “Granny’s Rug” in English: the little girl’s daydream on her granny’s kilim can only work in the soft noun oriented French language. So now I think carefully of which language I should write a story, the same way I choose the media or the colour palette for my illustrations. … or the  food style I fancy!


Don’t force your kid to learn a language; instead make him/her discover and enjoy his/her discoveries, like introducing a new kind of food. Vary the media: CDs and textbooks are not enough! DVDs often offer a choice of language: why don’t you select another language for a story your child knows well… but as soon as you see your child finds it tedious, just stop, no overfeeding! Books are also a great way to discover and learn in an enjoyable way. Very soon after starting learning English at school, I bought my very first book in English: a  Beatrix Potter. I felt like an explorer making my way in a jungle of words. How great it was to be able to understand one page, so I read it over and over again.

Try to find bilingual books, so that you (or your child) don’t spend more time trying to find the new words in a dictionary than actually reading: that would kill the pleasure! … like eating a fish with too many bones!  I was offered a bilingual book, Portuguese-French, called A Princesa Macaca, when I was around 10. I have never learned (not yet!) Portuguese but what a pleasure it was to be able to read these new words trying to guess what they mean and peeking at the French when it got too hard. Bilingual books are also ideal for parents with different mother tongues: whether it is Mummy or Daddy reading at night, the story is the same, but with a different flavour.

Raising bilingual children:
As a parent, another challenge came: my husband is English and I am French, and we wanted our children to benefit from both heritages. First of all, it does not come so naturally! Languages are skills to acquire and parents have a big role in nurturing a fruitful environment in which to learn languages. We have quickly found out that it is not easy to keep a balance between the two languages. It is best for each parent to speak his/her mother tongue, but as soon as our children went to the child minder and later to school, the balance was lost. So, living in an English speaking country now, we speak French at home. However, some vocabulary fields don’t always come naturally in family conversation: technical vocabulary or words that children only use at school. Once again, reading is a great way to make up for the vocabulary gaps, get the sentence structure right and start understanding cultural elements.


Both my boys have learned their mother and father tongues differently and my personal observation is that the one who had the strongest mother tongue had less problem learning his father tongue and now a third and fourth languages. I observed the same in my previous job when one of my team asked to take English lessons and ended up taking French lessons, his mother tongue, as he needed stronger grammar bases before learning a second language: you don’t build a house in the sand.


Don’t worry if your child mixes up languages, sometimes even inside one word. My eldest son used to take English verbs and add a French conjugation to them! “j’ai breaké la lampe”. For one year, while he started to speak English (which he acquired after French, his mother tongue), all the “structural” words (articles, prepositions, verbs ending) were in French. Bilingual children usually mix words until both languages are well known, at around 7 years old. This is why I made up “mixed” words like renard-fox in Are You My Mummy? My 10 year old son still calls his Teddy Bear “Nounoubear”, a mix of “Nounours” and “Teddy Bear”.

See Maman/Daddy on how the story was born.

Coming soon: how to teach to read and write to your bilingual kids.

Pour les Parents

Comment aider votre enfant à apprendre des langues étrangères:
La plupart des mes livres incluent plusieurs langues. Bien qu’élevée dans une famille qui ne parlait qu’une seule langue, j’ai découvert le plaisir d’apprendre des langues lors de mon enfance. Je compare souvent les langues à la nourriture : chaque langue a un goût différent.  Et connaitre une langue est utile et agréable… comme un bon repas ! Parfois, quand j’apprends de nouveaux mots dans une langue, je les savoure, comme une gourmandise. Avec le temps, j’ai aussi remarqué que je n’écrivais pas en français et en anglais de la même manière. La première version de « l’aspirateur est un gourmand » était en français et l’histoire était sans relief, sans saveur.  Ce devait être une histoire avec du rythme, du vacarme et de l’action et rien de cela n’était présent.  Apres une séance de critique avec mes amis du SCBWI de Hong Kong, je la réécris en anglais. D’un coup, parce que la structure de l’anglais repose plus sur les verbes, et que les phrases y sont plus courtes, le récit était plein d’actions et l’ « Aspirateur gourmand »  prenait vraiment vie. A l’inverse, « le Tapis de Mamy » est difficilement transposable en anglais : les rêves que fait la petite fille sur le kilim de sa grand-mère sont plus adaptés à la douceur du français et sa structure faite de noms et d’adjectifs. Avant d’entreprendre un ouvrage, je réfléchis toujours  au choix de la langue, de la même manière que je réfléchis au choix du matériel et des couleurs pour mes illustrations… ou du choix sur la carte d’un restaurant !


Ne forcez pas votre enfant à apprendre une langue. Faites-lui plutôt découvrir une langue et apprécier ses découvertes comme lorsque vous lui présentez un nouvel aliment. Variez les supports : les CD et les méthodes ne sont pas suffisants. Les DVD offrent souvent un choix de langues : pourquoi ne choisissez-vous pas une autre langue pour un film que connaît déjà bien votre enfant ? Mais des que vous vous apercevez que votre enfant en a assez, arrêtez le DVD… inutile de le gaver ! Les livres aussi incitent à la découverte et l’apprentissage de manière une excellente. Très rapidement après avoir commencé l’anglais en sixième, j’achetai mon premier livre en anglais : un Beatrix Potter. J’avais l’impression d’etre une exploratrice me frayant un chemin dans une jungle de mots. Quel plaisir de pouvoir comprendre une page ! Alors j’en refis la lecture encore et encore!


Essayez de trouver des ouvrages bilingues, ce qui vous évitera (vous ou votre enfant) de passer plus de temps le nez dans un dictionnaire que dans le livre lui-même ; son plaisir en serait gâché. Ce serait comme manger un poisson à la chair tendre et savoureuse… mais bourré d’arêtes ! Pour mes 10 ans, mes parents m’ont offert un livre bilingue portugais-français qui s’intitulait  « A Princesa Macaca ». Je n’avais  (et n’ai toujours) pas appris le portugais mais quel plaisir ce fut de déchiffrer ces nouveaux mots en essayant de comprendre leur signification tout en pouvant jeter un coup d’œil sur le français quand cela était trop dur. Les livres bilingues sont aussi parfaits pour les parents ne parlant pas la même langue : que ce soit Papa ou Maman qui fasse la lecture du soir, l’histoire est la même, c’est juste la saveur et la couleur qui diffèrent. 

Elever des enfants bilingues :
Un autre défi m’attendait en devenant maman : mon mari est anglais, je suis française et nous voulions que nos enfants bénéficient de notre double héritage culturel et linguistique. Contre toute attente, cela ne va pas de soi ! Parler plusieurs langues est une dextérité à acquérir et les parents ont un rôle majeur à jouer afin d’entretenir un environnement en stimulant l’apprentissage. Très vite nous sommes aperçus que ce n’était pas simple de garder l’équilibre entre les deux langues. Il vaut mieux que chaque parent parle sa langue maternelle, mais dès que nos enfants allèrent chez la nourrice ou plus tard à l’école, l’équilibre fut rompu. Comme nous habitons dans un pays de langue anglaise, nous parlons français à la maison. Cependant, certains pans de vocabulaire ne viennent pas spontanément prendre place dans une conversation familiale, que ce soit des termes techniques ou des mots que les enfants n’emploient qu’à l’école.  Là encore, la lecture est le meilleur moyen d’introduire de nouveaux mots, corriger la structure des phrases et l’ordre des mots et d’apprécier les éléments culturels contenus dans une langue.


Mes deux fils ont appris leurs langues maternelle et paternelle de  manière différente et j’ai remarqué que c’est celui qui maîtrisait le mieux sa langue maternelle qui a eu le moins de difficultés à apprendre la langue de son père et a enchaîner ensuite sur une troisième puis une quatrième langue. J’ai eu l’occasion d’observer le même phénomène au travail où une personne de mon équipe qui avait demandé à  prendre des leçons d’anglais, finit par prendre des leçons de français, sa langue maternelle, car il avait besoin de renforcer ses connaissances grammaticales avant d’aborder une deuxième langue : on ne bâtit une maison sur du sable…


Ne vous inquiétez pas si votre enfant mélange les langues, parfois même au milieu d’un même mot. Mon fils aîné ajoutait des terminaisons de conjugaison française aux verbes anglais !  « J’ai breaké la lampe. »  Et pendant un an, alors qu’il commençait à parler l’anglais (qu’il a acquis après le français, sa langue maternelle), tous les mots structurels (articles, prépositions, terminaisons verbales) étaient en français. Il est fréquent que les enfants bilingues mélangent les mots jusqu'à ce qu’ils maîtrisent les deux langues, vers sept ans. C’est pour cela que j’ai forgé des mots « mélangés » tels que « school-école »  dans « Es-tu mon papa ? ». Mon fils aîné de dix ans appelle toujours son nounours « Nounoubear », une fusion entre « Nounours » et « Teddy Bear ».


Decouvrir l’incident qui fit naitre l’histoire de Maman/Daddy.


Bientôt : comment aider à l’apprentissage de la lecture et l’écriture chez vos enfants bilingues.